Catégorie : Actu environnement

  • RDC : LE VIDE REGLEMENTAIRE FACE AUX NOUVELLES EXIGENCES D’INTEGRITE CARBONE

    RDC : LE VIDE REGLEMENTAIRE FACE AUX NOUVELLES EXIGENCES D’INTEGRITE CARBONE

    Dans notre précédent article, nous rappelions que la RDC attire de plus en plus de projets de crédits carbone, alors même que le cadre national reste encore insuffisamment structuré. À la lumière du Core Carbon Principles Impact Report 2025 de l’Integrity Council for the Voluntary Carbon Market (ICVCM), une chose apparaît désormais clairement : ce vide réglementaire n’est pas seulement une faiblesse interne. Il devient aussi un facteur de fragilité face aux nouvelles exigences internationales du marché carbone.

    Le rapport de l’ICVCM montre en effet que le marché volontaire du carbone s’organise de plus en plus autour d’un critère central : l’intégrité. Les crédits carbone les plus recherchés sont désormais ceux qui reposent sur des règles solides de gouvernance, de traçabilité, de transparence, de vérification indépendante, d’additionnalité, de permanence et de prévention du double comptage. L’intégrité ne concerne donc plus seulement la quantité de carbone affichée, mais la crédibilité de tout le dispositif qui entoure le projet.

    Pour la RDC, l’enjeu est majeur. Tant que des questions essentielles demeurent floues, notamment la titularité des droits carbone, les conditions d’autorisation des projets, les mécanismes de contrôle, la traçabilité des crédits ou encore le partage des bénéfices. Le pays s’expose à un double risque : fragiliser la sécurité juridique des projets, mais aussi affaiblir leur reconnaissance sur un marché international devenu beaucoup plus exigeant.

    Le rapport insiste également sur un point essentiel : la qualité d’un projet carbone ne se mesure pas uniquement à sa performance climatique. Elle dépend aussi de la manière dont sont prises en compte les communautés locales, les mécanismes de recours, les garanties sociales et environnementales, ainsi que la répartition des bénéfices. Là encore, l’absence d’un cadre national clair peut rapidement devenir un facteur de contestation et de perte de confiance.

    Autrement dit, le vrai sujet n’est plus simplement de savoir si la RDC peut développer des projets carbone. Elle le peut. Le véritable enjeu est de savoir si elle veut bâtir un marché carbone crédible, souverain et conforme aux standards d’intégrité désormais dominants.

    La RDC dispose d’un potentiel exceptionnel. Mais ce potentiel, à lui seul, ne garantit ni la confiance des partenaires, ni la protection des communautés, ni la valeur des crédits générés. Pour que le carbone devienne un levier réel de protection des forêts et de développement local, il doit reposer sur des règles claires, une gouvernance lisible et une intégrité reconnue.

    Décarbone RDC

    Sarina BETTAVER

    Source :

    Integrity Council for the Voluntary Carbon Market (ICVCM), The Core Carbon Principles Impact Report 2025, décembre 2025, mise à jour du 16 décembre 2025.

  • CREDITS CARBONE EN RDC : entre opportunités climatiques et vide réglementaire

    CREDITS CARBONE EN RDC : entre opportunités climatiques et vide réglementaire

    La République démocratique du Congo (RDC) s’impose de plus en plus comme un territoire stratégique pour les projets de crédits carbone, en raison de l’étendue de ses forêts tropicales et de son rôle central dans la régulation du climat mondial. Toutefois, comme le souligne une récente enquête publiée par Mongabay, cette dynamique s’opère dans un contexte préoccupant : l’absence d’un cadre réglementaire clair et opérationnel au niveau national.

    Une multiplication rapide des projets carbone

    Selon l’article de Mongabay publié en décembre 2024, plusieurs projets de crédits carbone forestiers sont en cours ou en préparation en RDC, portés par des acteurs privés nationaux et internationaux. Ces initiatives reposent principalement sur la conservation des forêts, la réduction de la déforestation et la valorisation du carbone stocké dans les écosystèmes forestiers.

    Cette multiplication s’explique par :

    – le potentiel exceptionnel du Bassin du Congo en matière de séquestration du carbone ;

    – la demande croissante de crédits carbone sur les marchés volontaires internationaux ;

    – la faiblesse des barrières juridiques et institutionnelles à l’entrée dans le secteur.

    Un vide réglementaire aux conséquences multiples

    L’enquête met cependant en évidence une difficulté majeure : la RDC ne dispose pas encore d’un cadre juridique consolidé définissant clairement :

    – la propriété des crédits carbone ;

    – les conditions d’octroi, de suivi et de certification des projets ;

    – la répartition des bénéfices entre l’État, les porteurs de projets et les communautés locales ;

    – les mécanismes de contrôle et de transparence.

    Cette absence de réglementation expose le pays à plusieurs risques, notamment :

    – des conflits fonciers et communautaires ;

    – une captation déséquilibrée de la valeur carbone au détriment des populations locales ;

    – une perte de crédibilité internationale des crédits générés en RDC ;

    – des projets incompatibles avec les priorités nationales de développement durable.

    Les communautés locales au cœur des enjeux

    Mongabay souligne également les inquiétudes exprimées par des organisations de la société civile et des experts locaux quant à l’implication réelle des communautés forestières. Dans certains cas, celles-ci seraient insuffisamment consultées ou informées, alors même que leurs territoires et leurs modes de vie sont directement concernés.

    Or, l’adhésion des communautés locales constitue une condition essentielle à la réussite et à la durabilité des projets carbone, tant sur le plan environnemental que social.

    Vers une nécessaire structuration du secteur carbone

    Face à cette situation, plusieurs voix appellent à l’adoption rapide d’un cadre réglementaire national sur les crédits carbone en RDC. Un tel cadre devrait :

    1. sécuriser juridiquement les projets et les investissements ;
    2. garantir la transparence et la traçabilité des crédits ;
    3. assurer une redistribution équitable des bénéfices ;
    4. aligner les projets carbone avec les engagements climatiques et les objectifs de développement durable du pays.

    La position de Décarbone RDC

    Pour Décarbone RDC, cette phase de structuration est déterminante. Le développement des crédits carbone en RDC représente une opportunité majeure pour la protection des forêts, la lutte contre le changement climatique et le financement du développement local. Mais cette opportunité ne pourra être pleinement réalisée qu’à travers une gouvernance claire, inclusive et conforme aux standards environnementaux et sociaux internationaux.

    Décarbone RDC plaide ainsi pour un encadrement rigoureux du secteur carbone, fondé sur la transparence, la participation des communautés et la souveraineté environnementale de la RDC.

    Sarina BETTAVER

    Source

    Mongabay, « Les projets de crédits carbone se multiplient en RDC malgré l’absence de réglementation », décembre 2024.
    Lien : https://fr.mongabay.com/2024/12/les-projets-de-credits-carbone-se-multiplient-en-rdc-malgre-labsence-de-reglementation/

  • POLLUTION DOMESTIQUE : ET SI LES MENAGES CONGOLAIS REDUISAIENT LEURS EMISSIONS CARBONE GRACE A GENESIS.

    POLLUTION DOMESTIQUE : ET SI LES MENAGES CONGOLAIS REDUISAIENT LEURS EMISSIONS CARBONE GRACE A GENESIS.

    Le charbon de bois reste à ce jour l’une des sources d’énergie la plus utilisée pour la cuisson de repas en Afrique. En RDC, environ 90% des ménages sont concernés. Selon des estimations, c’est en moyenne une consommation de près d’1kg de charbon par personne et par jour.

    Cette pratique engendre une pollution domestique dangereuse notamment avec les émissions considérables de gaz à effet de serre dû à la combustion. Aussi, la production du charbon de bois participe sensiblement à la déforestation avec des conséquences environnementales importantes.

    Cause et piste de solution… quand le solaire s’y mêle

    La principale cause qui contraint les ménages à recourir au charbon de bois est l’absence d’électricité stable et permanente. C’est pourtant cette difficulté qui a inspiré l’entreprise «SPECIAL» à concevoir Genesis , le réchaud à induction solaire pensé pour être une alternative au réchaud à gaz et à charbon de bois.

    Genesis entend répondre à deux préoccupations majeures à savoir : Réduire d’une part fortement la pollution en co2 des ménages en abandonnant le charbon de bois et d’autre part, encourager l’utilisation d’un réchaud à induction fonctionnant à l’énergie propre (solaire).

    Ce 02 février, à l’Orange Digital Center pour « La France au rendez-vous des grands projets de transformation en RDC », l’entreprise SPECIAL a présenté le prototype de Genesis à Mme Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger (en visite à kinshasa).

    En 2025, Decarbone RDC a identifié et accompagné plusieurs projets innovants portés par des entrepreneurs congolais dont Genesis. Inscrits dans la dynamique de la transition écologique, ces projets ont bénéficié de notre expertise notamment sur les critères de durabilité.

    Par Rossy K. T

  • COP30 DE BELEM : UN ACCORD MINIMALISTE, DES SIGNAUX IMPORTANTS, ET UNE URGENCE QUI S’ACCENTUE.

    COP30 DE BELEM : UN ACCORD MINIMALISTE, DES SIGNAUX IMPORTANTS, ET UNE URGENCE QUI S’ACCENTUE.

    L’œil de Decarbone RDC :

    Un rendez-vous décisif qui confirme le multilatéralisme, mais pas la rupture attendue

    La COP30, organisée à Belém, au cœur de l’Amazonie brésilienne, devait marquer une étape historique dix ans après l’Accord de Paris. L’enjeu était clair : rehausser l’ambition mondiale et définir les nouvelles Contributions Déterminées au niveau National (CDN) pour 2035 dans un contexte où les impacts climatiques s’accélèrent.

    Les résultats, s’ils maintiennent le cadre multilatéral, demeurent très en dessous de l’urgence.

    Le Parlement européen parle de « progrès lents et insuffisants ». La France regrette l’absence de signaux clairs sur la sortie des énergies fossiles, ainsi que le manque d’engagement financier concret. Les Ateliers du Futur soulignent un écart persistant entre les annonces politiques et les transformations structurelles nécessaires.

    Ce que l’accord contient réellement

    Réaffirmation du cap : +1,5 °C et rôle central de la science

    Le texte final confirme l’objectif de limiter le réchauffement global à 1,5 °C, et reconnaît explicitement la nécessité de s’appuyer sur les données scientifiques, un point essentiel acté par les Parties.

    Intégration politique de la “Transition juste”

    Pour la première fois, le concept de transition juste est formalisé dans une décision.
    Cela crée une base politique importante, notamment pour les pays en développement : transformation économique, protection sociale, et équité doivent être considérées ensemble.

    Engagement à tripler les financements d’adaptation d’ici 2035

    La COP30 reconnaît la nécessité de renforcer massivement les moyens consacrés à l’adaptation.
    L’engagement de tripler ces financements d’ici 2035 est un signal positif, même si le texte ne donne ni calendrier précis ni mécanisme contraignant.

    Rôle accru des acteurs non étatiques

    La COP30 met officiellement en avant la contribution des collectivités, entreprises, ONG, scientifiques, un point fondamental pour des initiatives comme Decarbone RDC, où l’action locale complète l’action gouvernementale.

    Déclaration sur “l’intégrité de l’information climatique”

    Les États ont adopté un texte inédit visant à protéger la fiabilité des données climatiques, la transparence, et à lutter contre la désinformation. Un outil stratégique au moment où les fake news climatiques se multiplient.

    Les manques majeurs pointés par les observateurs

    Aucune mention de la sortie des énergies fossiles

    Le mot “fossile” n’apparaît pas dans l’accord, malgré des attentes mondiales fortes.
    Les Ateliers du Futur regrettent une absence de rupture à la hauteur de l’enjeu.

    Pas de feuille de route mondiale contre la déforestation

    Grave symbole, à Belém même, au cœur de la forêt amazonienne :
    aucun accord contraignant n’a été adopté sur l’arrêt de la déforestation.

    Financements insuffisants et incertains

    La France souligne une reconstitution insuffisante du Fonds vert. Le dispositif “Pertes et dommages” reste largement sous-financé. Sans moyens, les pays vulnérables ne pourront pas suivre la trajectoire demandée.

    Un accord minimaliste, loin de l’urgence

    Pour le Parlement européen, ce texte ne répond pas à la profondeur de la crise.
    Les Ateliers du Futur soulignent un manque de cohérence entre ambition politique et réalités budgétaires, technologiques et sociales.

    Ce que cela signifie pour la RDC et pour Decarbone

    Pour un pays comme la République démocratique du Congo, État forestier, pays-clé pour la biodiversité, riche en ressources minérales stratégiques, la COP30 dessine un paysage ambivalent : des opportunités majeures, mais aussi des risques structurels.

    Opportunités :

    • La “transition juste” donne un levier politique pour défendre un modèle de développement équitable.
    • Le triplement annoncé des financements d’adaptation peut soutenir des projets de résilience, d’agroforesterie, de gestion des risques et de solutions fondées sur la nature.
    • L’appel à renforcer la transparence et les données climatiques est favorable aux initiatives de monitoring carbone, de MRV et d’innovation environnementale.

    Risques :

    • Les financements restent incertains : planifier uniquement sur les promesses serait dangereux.
    • L’absence de feuille de route contre la déforestation fragilise des pays comme la RDC, dont la forêt joue un rôle mondial.
    • Sans mécanismes contraignants, les États du Nord peuvent retarder leurs engagements, accentuant la charge pesant sur les pays du Sud.

    Position de Decarbone RDC :

    La COP30 montre que l’action internationale avance, mais à un rythme incompatible avec l’urgence climatique.
    Face à ce constat, Decarbone réaffirme :

    • L’importance de renforcer les actions locales, rapides et mesurables ;
    • La nécessité de soutenir des projets communautaires (reboisement, recyclage, gestion durable des ressources) ;
    • L’urgence de consolider un écosystème financier permettant à la RDC de capter davantage de ressources pour l’adaptation et la résilience ;
    • L’enjeu stratégique de protéger la forêt congolaise, pilier mondial dans la lutte contre le changement climatique.

    Les décisions de Belém ne suffisent pas, mais elles renforcent la pertinence d’une action territoriale ambitieuse comme celle portée par Decarbone.

    Tableau synthétique : COP30 : Opportunités, limites et implications pour la RDC & Decarbone

    AxesOpportunitésLimites / RisquesImplications pour Decarbone
    Transition justeConcept formalisé dans l’accord – cadre politique nouveau.Pas de mécanismes financiers dédiés.Développer un programme RDC de transition juste (emplois verts, reboisement, recyclage).
    AdaptationEngagement de tripler les financements d’ici 2035.Engagement non contraignant, calendrier flou.Positionner Decarbone sur des projets de résilience et adaptation (eau, agriculture, forêts).
    Financements climatiquesPossibles hausses de fonds internationaux.Fonds pertes & dommages sous-financé, incertitude pour le Fonds vert.Préparer des projets « bancables », transparents, MRV, pour capter les financements disponibles.
    Déforestation / forêtsReconnaissance du rôle des écosystèmes.Aucune feuille de route mondiale contre la déforestation.Renforcer les programmes de protection forestière et de surveillance communautaire.
    Énergies fossilesPression internationale croissante vers la transition.Aucune mention dans le texte final.Renforcer la promotion des énergies propres au niveau local et régional.
    Intégrité de l’information climatiqueTexte inédit sur transparence & lutte contre la désinformation.Dépend de la mise en œuvre nationale.Développer des programmes éducatifs, outils de données, transparence carbone.
    Acteurs non étatiquesReconnaissance officielle du rôle des ONG, entreprises, collectivités.Risque de déresponsabilisation des États.Consolider les partenariats privés/publics et renforcer l’écosystème Decarbone.


    Sarina BETTAVER

    Sources :

    • Parlement européen (17 novembre 2025) – « Bilan de la COP30 : des progrès lents, insuffisants face à l’urgence climatique »
    • Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (25 novembre 2025) – « Climat – Bilan de la COP30 »
    • Ateliers du Futur – « COP30 Belém : bilan au regard des priorités »
  • LA GESTION RESPONSABLE DES DECHETS AU CENTRE DES REFLEXIONS EUROPEENNES

    LA GESTION RESPONSABLE DES DECHETS AU CENTRE DES REFLEXIONS EUROPEENNES

    Du 22 au 30 novembre, des milliers d’actions sont organisées à travers l’Europe pour sensibiliser à la réduction des déchets, à la consommation responsable et à l’économie circulaire.


    «Consommer et agir autrement» est le thème retenu pour l’année 2025. Cette thématique invite chacun à repenser ses habitudes pour limiter l’impact environnemental.

    Quelques chiffres clés

    • Environ 326 millions de tonnes de déchets produits chaque année en France, tous secteurs confondus (ménages, industrie, BTP).
    • Plus de 2,24 milliards de tonnes de déchets municipaux générés en 2020 dans le monde, dont seulement près de 62 % sont gérés de manière contrôlée.
    • 3,4 milliards de tonnes de déchets d’ici 2050 selon les projections de la Banque mondiale si les tendances actuelles se poursuivent.

    Ces chiffres appellent à une responsabilité collective sur nos façons de produire, de consommer et de gérer nos déchets.

    Quid de l’Afrique ?

    La gestion des déchets sur le continent fait face à de nombreux défis dont notamment : Une collecte insuffisante (moins de 60 % des déchets collectés en moyenne), un faible taux de recyclage (moins de 10 % des déchets valorisés ) ou encore une faible sensibilisation environnementale sur le sujet.

    En RDC

    Près de 10 000 tonnes de déchets produits par jour dans la seule ville de Kinshasa et selon des estimations, la RASKIN ( Régie d’Assainissement de Kinshasa ) collecte environ 1 500 tonnes seulement par jour. L’absence de système structuré de tri et recyclage et le manque de réglementation appliquée n’arrangent pas la situation.

    Notre implication

    Chez Decarbone RDC, nous avons conscience que cette problématique implique la participation de tous ( pouvoir public, municipalité, entreprises , associations, riverains). C’est ainsi qu’au cours de notre action en 2025, nous avons sélectionné et nous accompagnons quelques projets visant à valoriser les déchets plastiques et ménagers à Kinshasa.

    Réduire nos déchets, c’est : Préserver les ressources naturelles, Diminuer les émissions de gaz à effet de serre, Éviter la pollution des sols et des océans, Favoriser une économie circulaire et solidaire

    Rossy K. Tshizanga / Pathy Mulumba

  • COP30 : L’AMAZONIE ACCUEILLE LA PLANETE POUR DECIDER DU FUTUR CLIMATIQUE

    COP30 : L’AMAZONIE ACCUEILLE LA PLANETE POUR DECIDER DU FUTUR CLIMATIQUE

    Du 10 au 21 novembre 2025, Belém – Brésil

    La planète se tourne vers l’Amazonie. Belém, capitale de l’État du Pará au Brésil, accueille la 30ᵉ Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) (UNFCCC, 2025).

    Un lieu hautement symbolique : au cœur de la plus vaste forêt tropicale du monde, là où se joue une grande part de l’équilibre climatique de la Terre.

    Une COP historique, dix ans après l’Accord de Paris

    Dix ans se sont écoulés depuis l’Accord de Paris (COP21, 2015). Les États doivent désormais présenter de nouveaux engagements climatiques (NDCs) plus ambitieux : réduire drastiquement les émissions mondiales, renforcer l’adaptation, et mettre en place un financement équitable pour les pays les plus vulnérables.

    Cette édition, présidée par le Brésil, s’annonce décisive : la communauté internationale doit prouver que la promesse du +1,5 °C peut encore être tenue.

    Trois priorités au cœur des négociations

    1. Protéger les forêts et la biodiversité

    L’Amazonie, mais aussi le Bassin du Congo et les forêts d’Asie du Sud-Est, sont mises en avant comme des régulateurs essentiels du climat mondial.Le Brésil souhaite faire de Belém le symbole d’un nouveau pacte nature-climat, valorisant les écosystèmes et les peuples autochtones qui les protègent.

    1. Garantir une justice climatique réelle

    La WMO et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) rappellent que les populations du Sud subissent déjà les effets les plus sévères du réchauffement : sécheresses, inondations, insécurité alimentaire. Les négociations portent sur la mise en œuvre du Fonds pour les pertes et dommages, adopté lors de la COP28 à Dubaï, et sur le nouveau objectif de financement mondial (NCQG), appelé à dépasser les 100 milliards USD/an promis en 2009.

    1. Réviser les contributions nationales (NDCs)

    Selon la Commission européenne et le GIEC, les engagements actuels mènent vers un réchauffement de +2,7 °C. Chaque pays est donc invité à renforcer son plan : réduire les émissions d’au moins 43 % d’ici 2030 (base 2019), transformer ses systèmes énergétiques et favoriser les technologies bas-carbone.

    Et la RDC dans tout cela ?

    La République Démocratique du Congo abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde : le Bassin du Congo.
    Ce poumon vert joue un rôle crucial dans la séquestration du carbone et la stabilité climatique mondiale.
    À Belém, la RDC défendra :

    • la reconnaissance du Bassin du Congo comme pilier mondial du climat, au même titre que l’Amazonie ;
    • l’accès équitable aux fonds climat et mécanismes de compensation carbone ;
    • l’intégration de la justice climatique africaine dans le texte final de la COP30.

    Mais au-delà de la diplomatie, cette conférence interpelle aussi nos politiques nationales : comment aligner le Code minier, la fiscalité verte et les projets de développement sur la trajectoire climatique mondiale ?

    Le regard de Decarbone RDC

    Pour Decarbone RDC, la COP30 représente une opportunité unique :
    celle de montrer que l’Afrique centrale n’est pas seulement victime du changement climatique, mais qu’elle peut être un acteur majeur de la transition écologique mondiale.
    Nos actions locales — reboisement, économie circulaire, valorisation du plastique, sensibilisation des jeunes s’inscrivent déjà dans cette dynamique globale.

    “L’avenir se joue à Belém, mais il se construira aussi à Kinshasa, à Goma, à Kisangani, dans nos écoles, nos forêts et nos communautés. Le climat n’appartient pas à un continent : il appartient à l’humanité tout entière.”

    Et après ?

    Les négociations de Belém devraient aboutir à un nouvel objectif chiffré de financement climatique (NCQG) ; la mise en œuvre opérationnelle du Fonds pertes et dommages ; et un renforcement des NDCs nationales et des engagements pour les forêts tropicales.

    BETTAVER Sarina

    📚 Sources :
    UNFCCC (2025) ; World Meteorological Organization (2025) ; European Commission – DG Climate (2025) ; Al Jazeera (10 nov. 2025) ; Reuters (9 nov. 2025) ; Connaissance des Énergies (2025) ; Pacte Mondial (2025) ; Brookings Institution (2025).

  • RDC :  » VENEZ INVESTIR DANS LA FORET TROPICALE CONGOLAISE, DANS NOS ENERGIES PROPRES, DANS NOTRE JEUNESSE ET DANS L’INNOVATION ECOLOGIQUE », message de Félix-Antoine Tshisekedi aux investisseurs et bailleurs de fonds.

    RDC :  » VENEZ INVESTIR DANS LA FORET TROPICALE CONGOLAISE, DANS NOS ENERGIES PROPRES, DANS NOTRE JEUNESSE ET DANS L’INNOVATION ECOLOGIQUE », message de Félix-Antoine Tshisekedi aux investisseurs et bailleurs de fonds.

    Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé ce lundi, 27 octobre 2025, à l’amphithéâtre au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique Centrale (CCAPC), au lancement de la 1ère édition de la Semaine Nationale du climat, à l’initiative du
    Ministère de l’Environnement, Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat.

    Du 27 au 30 octobre, les acteurs du secteur de l’Environnement vont se réunir et mener des réflexions sous le thème: Forêts, biodiversité et tourbières: mobilisation des finances climatiques pour le développement durable de la RDC et du bassin du Congo.

    Dans son allocution, le Président de la République a souligné que « cet événement est historique et annonciateur d’un avenir meilleur dans la lutte contre le changement climatique car la RDC a pour vocation d’être un pays solution ».

    « Le changement climatique n’est pas une abstraction mais une réalité vécue au quotidien par nos populations. Ainsi les travaux et les thèmes qui seront développés, contribueront à nous forger une vision commune et particitive de notre pays dans la recherche de l’équilibre climatique planétaire », a indiqué le Chef de l’État.

    Par la même occasion, le Président Félix Tshisekedi a appelé de tous ses vœux des investissements dans ce secteur.

    « À la communauté internationale et aux bailleurs de fonds, aux secteurs privés et aux investisseurs responsables, je lance un vibrant appel:
     » Venez investir dans la forêt tropicale congolaise, dans nos énergies propres, dans notre jeunesse et dans l’innovation écologique », a-t-il exhorté.

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  • LE MONDE FACE A UNE CRISE PLASTIQUE : UN DEFI PLANETAIRE POUR NOTRE AVENIR.

    LE MONDE FACE A UNE CRISE PLASTIQUE : UN DEFI PLANETAIRE POUR NOTRE AVENIR.

    Le plastique est partout. Invisible parfois, omniprésent toujours. Depuis les années 1950, plus de 8,3 milliards de tonnes de plastiques ont été produites à travers le monde. Selon le Geneva Environment Network, 79 % de ces plastiques finissent en décharge ou dans la nature, contaminant les sols, les rivières, les océans et même l’air que nous respirons.
    Des abysses de la fosse des Mariannes jusqu’aux neiges de l’Everest, aucun écosystème n’échappe à la pollution plastique. Microplastiques, emballages à usage unique, filets de pêche abandonnés… Les fragments de notre surconsommation se sont infiltrés partout, affectant la faune, la flore et les chaînes alimentaires humaines. Chaque année, plus de 11 millions de tonnes de déchets plastiques rejoignent les océans, mettant en péril la vie marine. Tortues, oiseaux, poissons et mammifères marins en sont les premières victimes avalant ou s’enchevêtrant dans ces débris.

    Face à ce constat alarmant, le Geneva Environment Network appelle à une réponse mondiale, intégrée et immédiate. Il ne s’agit plus seulement de nettoyer, mais de repenser entièrement notre rapport au plastique : réduire à la source la production de plastiques à usage unique, promouvoir l’économie circulaire, encadrer la production et l’exportation des plastiques non recyclables vers les pays du Sud, et sensibiliser les citoyens, notamment les jeunes, à des comportements de consommation responsables.

    En République démocratique du Congo, les plastiques envahissent les rivières, les marchés et les sols agricoles. Consciente de cette urgence, Decarbone RDC s’inscrit dans un processus concret de soutien au recyclage plastique, en accompagnant des initiatives locales de collecte, de tri et de fabrication de briques à partir des déchets plastiques. Ces projets communautaires favorisent à la fois la réduction des déchets, la création d’emplois verts et la valorisation d’un matériau souvent perçu comme un déchet sans valeur.

  • LA RDC INTERDIT LA DETENTION ET LE COMMERCE DU PERROQUET GRIS : UN TOURNANT POUR LA BIODIVERSITE NATIONALE

    LA RDC INTERDIT LA DETENTION ET LE COMMERCE DU PERROQUET GRIS : UN TOURNANT POUR LA BIODIVERSITE NATIONALE

    Le Ministère de l’Environnement et Développement Durable a pris, en depuis le 15 janvier 2025, une décision historique interdisant toute forme de commerce, de détention, de transport et d’exportation du perroquet gris (Psittacus erithacus), espèce emblématique mais gravement menacée par le trafic illégal.
    Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la Convention de Washington (CITES), que la RDC applique afin de lutter contre le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction. Dans sa note circulaire adressée aux Coordonnateurs provinciaux de l’Environnement, le ministère enjoint à ces derniers de collaborer étroitement avec les services de douane, la police nationale, la RVA, la RVF et l’ICCN pour démanteler les réseaux criminels impliqués dans ce trafic.
    Le perroquet gris, connu pour son intelligence et sa capacité d’imitation, est l’un des oiseaux les plus recherchés sur le marché international des animaux de compagnie. Selon les données de la CITES et de l’IFAW, des milliers d’individus sont capturés chaque année dans les forêts congolaises et expédiés illégalement vers l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Près de 70 % des oiseaux capturés meurent avant d’atteindre leur destination, victimes du stress, de la malnutrition et des conditions de transport inhumaines.
    Cette exploitation a provoqué une chute dramatique des populations sauvages, plaçant l’espèce sur la Liste rouge de l’UICN comme « en danger ». La RDC, qui abrite encore d’importantes populations dans les provinces de l’Équateur, de la Tshuapa, du Bas-Uélé et du Kongo-Central, se devait d’agir.
    Le ministère ordonne désormais la suspension totale des exportations jusqu’à la production d’inventaires scientifiques fiables, condition préalable à toute décision future. Il appelle également les Gouverneurs des provinces à soutenir les opérations de lutte contre la contrebande, souvent facilitée par la porosité des frontières fluviales et aériennes.
    Pour Decarbon, cette décision marque une avancée majeure dans la gouvernance environnementale congolaise. Elle relie directement la protection de la biodiversité à la lutte contre les crimes environnementaux, qui contribuent indirectement à la déforestation et à la perte de carbone forestier.
    « Protéger le perroquet gris, c’est aussi protéger nos forêts, nos écosystèmes et notre image internationale », souligne un membre de l’équipe Decarbon.
    Decarbon appelle à la création d’un registre national des espèces protégées et d’un système de traçabilité numérique des saisies, au renforcement de la coopération entre les provinces, l’ICCN et les ONG, et à l’intégration de la surveillance des trafics fauniques dans la stratégie nationale de décarbonation et d’économie verte.

    Cette interdiction constitue un signal fort : la RDC choisit de défendre activement son patrimoine naturel contre les logiques de profit illégal.

  • NAISSANCE DU COULOIR VERT KIVU-KINSHASA

    NAISSANCE DU COULOIR VERT KIVU-KINSHASA

    Kinshasa, 15 janvier 2025 – Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a franchi une étape historique dans la préservation de son patrimoine naturel avec l’adoption du Décret n°25/04 du 15 janvier 2025, instituant l’aire protégée à vocation de réserve communautaire « Couloir vert Kivu-Kinshasa ». Ce projet a été approuvé lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres présidée par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, à la Cité de l’Union Africaine.

    Porté par Madame Ève Bazaiba, ministre d’État en charge de l’Environnement et du Développement durable, le décret marque la phase juridique d’un projet ambitieux : protéger plus de 100 000 km² de forêt primaire tout en créant un corridor de développement socio-économique durable reliant l’est du pays (Beni et Kisangani) à l’ouest (Kinshasa), en passant par le bassin du fleuve Congo. Le « Couloir vert » suit les axes stratégiques de la Route Nationale n°4 (Beni–Kisangani) et du fleuve Congo (Kisangani–Kinshasa), couvrant une vaste zone estimée à plus d’un demi-million de kilomètres carrés.

    Ce décret s’appuie sur la loi n°24/020 du 30 décembre 2024, récemment promulguée, qui modifie et complète la loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature. Pour la première fois, le droit congolais reconnaît la notion de « réserve communautaire » : une aire protégée intégrant activités humaines et conservation de la biodiversité, en lien direct avec les communautés locales. Cette approche innovante vise à faire des populations riveraines des acteurs clés de la protection environnementale, tout en leur garantissant un accès encadré aux ressources naturelles et aux opportunités économiques.

    Le Président Félix Tshisekedi a réaffirmé son soutien à ce projet en appelant le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, à garantir des facilités fiscales pour encourager les investissements verts, assurer une coordination interinstitutionnelle efficace, et promouvoir une économie verte inclusive, conciliant conservation et lutte contre la pauvreté.

    Le Couloir vert Kivu-Kinshasa est un signal fort dans la lutte mondiale contre le changement climatique, la déforestation et l’appauvrissement de la biodiversité. Avec ce décret, la RDC affirme sa volonté de protéger ses écosystèmes les plus sensibles, valoriser durablement ses ressources naturelles, et renforcer son rôle de “poumon vert” de la planète, notamment dans le cadre de ses engagements climatiques (Accord de Paris, REDD+, Marché carbone africain…).